Pour une fois ce n'est ni moi ni un desendant de poilu qui va raconter son histoire, mais le poilu lui même. En effet, le récit qui va suivre est extrait d'une lettre adressée en 1937 au Prefet de la Seine au sujet d'une demande de carte de combattant.


Charles TAHON est né le 13 juin 1883 dans le 11ème arrondissement de Paris. Il est enregistré au bureau de recrutement d'Avesnes sous le n° 1723 de la classe 1905.

A lui la parole:

"Mobilisé le 12 août 1914 au 84ème Régiment d'Infanterie. J'ai participé aux opérations de ce régiment dans la 9ème compagnie à partir du 15 septembre entre autres aux attaques locales et occupations des tranchées aux abords de Reims vers La Neuvillette, puis sur l'Aisne à Soupir, Berry au Bac, ensuite en Suippes et Ville sur Tourbe notamment en face du fortin de Beauséjour où j'ai contracté la fièvre typhoïde le 1er février et évacué le 2 février à Châlon sur Marne. Inclus copie  du certificat d'entrée à cet hôpital.

De Châlons sur Marne, j'ai été évacué à l'hôpital de Sainte Foy la Grande du 18 mars au 15 juin 1915. Inclus également sur la même feuille copie des bulletins d'entrée et de sortie de cet hôpital.

Après congé de convalescence et retour au dépôt du 84ème Régiment qui se trouvait alors à Terrasson, je suis passé au 23ème Régiment d'Infanterie Coloniale, 10ème compagnie en janvier 1916 et ai participé avec ce régiment à l'occupation des tranchées de la Somme notamment au sud d'Albert vers Méricourt jusque fin mars 1916. A cette date je suis passé à la section des écouteurs interprètes d'Allemand. cette section avait pour mission de capter les conversations téléphoniques allemandes à l'aide d'un appareil genre T.S.F. installé dans le stranchées de 1ère ligne, de les traduire et de les faire parvenir au commandant du secteur. Cette section était ratachée au 8ème Génie, mais avait pour Grand chef le capitaine d'état-major CLEMENCEAU fils de Georges CLEMENCEAU. Notre adresse était 8ème Génie secteur 13. je suis resté dans cette section jusqu'à la fin de l'année 1916, époque où j'ai été évacué des environs de Noyon pour bronchite à l'hôpital écossais de Royaumont.

Retourné ensuite au dépôt du 8ème Génie Cie D.I. à Nersac (Charente) je suis retourné sur le front pour l'installation des lignes téléphoniques volantes à partir de février 1918, d'abord vers Verdun puis dans la Somme lors de la reprise de Montdidier en août jusque octobre. Après l'armistice j'ai fait avec le 8ème Génie, les Vosges, puis l'Alsace jusqu'au environs de Strasbourg. J'ai été enfin démobilisé le 3 mars 1919 à Versailles au dépôt du 1er Génie."

Source:

- Dossier de demande de carte de combattant de Charles TAHON. Collection privée.