Cent ans après les événements de la grande guerre, la numérisation des JMO nous permet de suivre au jour le jour le parcours des divers corps. Mais pour le régiment qui nous occupe, le JMO qui couvrait la période du 28 novembre 1914 au 1er mai 1915 à disparu, privant ainsi le lecteur d’une des batailles les plus difficiles pour le 84e RI : Beauséjour.

L’historique du régiment aborde bien le passage à Beauséjour, et ce avec une précision qui laisse à penser qu’il avait le JMO manquant pour base. Mais ce type d’ouvrage assez succinct se concentre uniquement sur les faits les plus marquants, quand l’historien amateur ou le descendant de poilu aimerai connaitre l’histoire dans ses détails, au jour le jour.

C’est pour combler ce vide que j’ai entrepris d’écrire cet article. Il n’aura pas la précision ni autant d’informations que le JMO original mais ambitionne, à partir de diverses sources telles que l’historique régimentaire, les JMO d’autres unités et divers témoignage, de préciser ce qu’a été la vie du 84e RI à Beauséjour.

Après avoir été relevé de son précédent secteur dans la nuit du 7 au 8 décembre 1914, le régiment avait occupé les semaines suivantes en repos, nettoyage, exercices et changement de cantonnement. C’est le 29 décembre vers 3 heures du matin que le régiment entre en ligne.

29 décembre 1914

Le 84e RI relève le 7e RI dans les tranchées à l’ouest de Beauséjour. L’état des tranchées et des abris est déplorable en raison de la pluie qui fait s’effondrer la terre crayeuse.

30 décembre 1914

Cette nuit vers 2 heures une patrouille ennemie à été repoussée à coup de fusil par la 11ème compagnie.

L’ordre général pour la journée du 30 prévoit que la 2ème brigade doit appuyer et flanquer l’attaque du XVIIe Corps d’Armée. Le 84e RI doit assurer l’inviolabilité de son front.

Jet de grenade depuis les 2 camps. 2 blessés à la 11ème Cie.

31 décembre 1914

Même mission que la veille. Le temps est à la pluie.

De midi à 15h l’artillerie française bombarde un petit bois en face du régiment.

1er janvier 1915

Même ordre que la veille.

1 blessé à la 11ème Cie.

2 janvier 1915

Le 84e régiment doit prêter 2 compagnies au 43e RI qui attaque les tranchées ennemies, et profiter de toute occasion favorable pour sauter dans les tranchées qui lui sont opposées.

La 5ème compagnie, soutenue par la 8ème, s’empare de la lisière sud du bois en Equerre et du boyau allemand. Une contre-attaque ennemie est repoussée.

3 janvier 1915

Dans la nuit l’ordre général N°180 prescrit de consolider les positions conquises avec l’aide du génie.

4 janvier 1915

Le 84e régiment d’infanterie, en coopération avec le 127e RI qui attaque le fortin de Beauséjour, progresse légèrement et fortifie ses positions.

6 janvier 1915

Vers 10 heures du matin, environ 2 compagnies allemandes attaquent sur le front de la 11ème Cie. Ils sont repoussés par les feux d’infanterie et l’appui de l’artillerie.

7 janvier 1915

Dans la nuit, le régiment est relevé par le 1er RI et va cantonner dans un bois près de LA SALLE.

 Le 1er RI s’installe comme suit :

NE de Beauséjour : 3 compagnies en 1ère ligne et une en 2ème ligne

NO de Beauséjour : 3 compagnies en 1ère ligne et une en 2ème ligne

2 compagnies en réserve en avant du poste de commandement et 2 en arrière.

On peut supposer que le 84e RI était disposé de la même manière.

8 janvier 1915

Le régiment est au repos.

9 janvier 1915

2 compagnies du 3ème bataillon sont envoyées pour occuper dès 5 heures les gourbis du balcon afin de remplacer 2 compagnies du 1er RI qui attaque le bois des 3 coupures.

11 janvier 1915

Vers 19 heures le régiment part pour les 1ères lignes relever le 1er RI qui a encore mener une attaque dans la journée sur le bois des 3 coupures. La relève s’effectue entre 21 heures et 1h15 sans incident.

12 au 15 janvier 1915

Le régiment poursuit l’établissement de tranchées au niveau du Bois de la Truie, de la lisière nord du bois des 3 coupures et au bois en Equerre. Les artilleries françaises et allemandes se livrent un duel et des reconnaissances d’infanterie sont envoyées pour constater l’efficacité des tirs.

16 janvier 1915

Dans la nuit du 15 au 16 la 8ème compagnie accompagnée d’une section de la 5ème parvient à conquérir les postes allemands du bois en Equerre et s’installent à la lisière nord.

Le soir, le 1er RI vient prendre la relève. Elle s’achève à 1h du matin sans incident.

17 au 21 janvier 1915

Repos à LASALLE. Les évacuations pour fièvre typhoïde se multiplient et des ordres sont donnés pour stopper l’épidémie.

Le 21 à 20h le régiment reprend le chemin des tranchées pour relever le 1er RI. La relève s’achève à 5 heures du matin.

22 janvier 1915

Violent bombardement. (2 tués et plusieurs blessés à la 11ème Cie)

23 au 26 janvier 1915

Le régiment poursuit les travaux d’aménagement de tranchée et les travaux d’approche en vue d’une prochaine attaque. Il mène aussi des patrouilles de reconnaissance dont l’une, le 25 janvier, chasse l’ennemi d’un de ses postes d’écoute.

27 janvier 1915

A 2 heures du matin le régiment est relevé par le 1er RI et part au repos dans le bois de LASALLE.

28 au 31 janvier

Repos à LASALLE.

31 janvier 1915

A 23h départ vers les tranchées pour relever le 1er RI.

1er et 2 février 1915

Le temps est assez beau. Les travaux de préparation s’intensifient.

3 février 1915

Bombardement toute la matinée. A midi les allemands qui attaquent sont repoussés par les feux de l’infanterie et de l’artillerie.

4 février 1915

La 1ère Cie est relevée par la 5ème et va en tranchée de soutient au bois de Beauséjour.

5 février 1915

Continuation des travaux.

6 février 1915

A partir de 2 heures du matin le 84e Ri est relevé par le 1er RI et va au repos au bois de LA SALLE.

7 au 10 février 1915

Repos. Nettoyage du cantonnement. Revue le 9. Le 10 à 23heures départ pour les tranchées.

11 février 1915

La relève du 1er RI se termine à 2 heures du matin sans incident.

Réception de l’ordre en vue de l’attaque programmée pour le 12 à 10h45. Le régiment attaquera avec 1 bataillon, les deux autres devant assurer l’inviolabilité du front.

12 février 1915

L’attaque prévue est repoussée en raison de la mauvaise météo.

13 février 1915

Continuation des travaux d’organisation de 1ère ligne.

14 février 1915

Le soir réception de l’ordre fixant l’attaque le 16 à 10 heures.

(A suivre)